Nous connaissons tous, d’une manière ou d’une autre, ces histoires d’entreprises devenues mondialement célèbres après avoir vu le jour dans un garage. À une échelle bien plus modeste, nous avons nous aussi une histoire de ce genre. Tout a commencé par une étincelle de créativité et d’imagination, dans un espace minuscule. Non pas un garage, mais une petite miroiterie familiale au cœur de Gand. Nos racines remontent même à une époque où la Belgique n’existait pas encore en tant que pays.

Nous sommes en 1826. En flânant dans les ruelles étroites de Gand, le long de votre trajet quotidien, vous apercevez une nouvelle boutique qui vient d’ouvrir. Curieux, vous levez les yeux vers l’enseigne au-dessus de la porte, où se lit le nom de famille « Meyvaert ». En entrant, vous devez faire attention à chacun de vos pas : tout autour de vous scintillent objets en verre et miroirs. La lumière du jour traverse les grandes vitrines, rebondissant d’un miroir orné à l’autre, entre vases et carafes en cristal du Val Saint Lambert. Les planchers et les étagères en bois sombre font ressortir, par contraste, tout l’éclat du verre ... C’est ainsi que la boutique familiale d’origine aurait pu se présenter à l’époque.
Image : la place Goudenleeuw à Gand, en Belgique. À gauche, on aperçoit la devanture du magasin Meyvaert, situé dans la Rue du Paradis, 2. © Collection des archives de Gand, SCMS_FO_1581
Au fil des décennies, les Meyvaert commencèrent progressivement à produire et à finir leurs miroirs en interne, parallèlement au rythme quotidien de la boutique et de ses clients qui entraient et sortaient. La famille se fit connaître non seulement comme fabricant de miroirs, mais aussi comme spécialiste du verre. Pour le biseautage, l’argenture ou la gravure, ou encore pour des cadres, des vitraux ou du verre à vitre, c’était la bonne adresse.
Au tournant du siècle, il était toujours possible de pousser la porte de la boutique gantoise comme auparavant. Pourtant, on y aurait senti que l’activité était en pleine transformation. Le travail dépassait désormais les limites d’un simple magasin. Ce qui se faisait autrefois derrière le comptoir exigeait plus d’espace, plus de mains, et un rythme plus régulier, plus industriel. Au début des années 1900, la fabrique de miroirs familiale prit un nom propre : « Spiegelfabriek », ou « Miroiterie ».
Image : Annonce publicitaire numérisée parue dans le journal « Flandre Libérale » en 1899.

Le tournant de notre histoire survint dans les années 1960, avec la visite du doyen de la cathédrale Saint-Bavon. Au cours de ses voyages, il avait été inspiré par la manière dont des artefacts historiques étaient présentés dans des cubes de verre. Il souhaitait une solution similaire pour ses propres ornements religieux. Fier de sa collection, il voulait la partager avec les visiteurs, sans compromettre la sécurité de ses objets précieux. Ayant entendu parler des Meyvaert et de leur expertise en solutions verrières, il se tourna vers eux pour obtenir conseil. Paul Meyvaert, qui dirigeait alors l’entreprise familiale, accueillit avec enthousiasme l’idée de créer une vitrine.
Le projet fut un succès. Très vite, Meyvaert devint une adresse de référence pour des vitrines conçues afin de présenter des objets précieux derrière le verre.
Image : la cathédrale Saint-Bavon à Gand, en Belgique. © Rutger van der Maar

Les premières vitrines étaient simples : quatre faces en verre et un « toit » vitré, reposant sur une base en acier. L’accès à l’intérieur de la vitrine était direct, souvent assuré par un panneau coulissant. Cette solution s’inspirait en réalité des guichets coulissants de bureau, destinés à séparer le personnel de ses clients.
À mesure que les conceptions évoluaient, elles gagnèrent en raffinement. L’éclairage pouvait désormais être intégré dans la structure supérieure de la vitrine, permettant une présentation davantage centrée sur l’objet. À l’intérieur, les objets étaient disposés sur des socles recouverts de tissu, souvent un feutre souple.
Avec le temps, les vitrines devinrent plus hautes et plus polyvalentes, intégrant de discrets supports internes qui permettaient d’accueillir plusieurs objets. Elles se déclinèrent également en de nombreux types et formats, offrant aux musées une plus grande variété de vitrines parmi lesquelles choisir.
Image : À titre d'exemple, un dessin représentant une vitrine tiré d'une publication du South Kensington Museum (1872) – aujourd'hui le Victoria & Albert Museum.

À la fin des années 1980, les musées commencèrent à porter une attention croissante à ce qui se passe à l’intérieur d’une vitrine au fil du temps. Il ne s’agissait plus seulement de présenter les objets de manière captivante, mais aussi de les préserver pour l’avenir. Lumière, matériaux, conservation, protection… tous ces éléments entrèrent dans la réflexion. Meyvaert développa alors des vitrines aux performances de conservation renforcées, notamment grâce au verre feuilleté assurant une protection contre les UV.
Dès lors, chaque amélioration visa à élever ce triptyque fondamental : présenter, conserver et protéger ; performance esthétique, objectifs de conservation et sécurité des collections.
Décennie après décennie, les solutions de vitrines Meyvaert devinrent plus avancées et les projets plus ambitieux. Le champ d’action s’élargit, passant de vitrines individuelles à des projets muséaux complets. La narration et l’expérience de visite s’associèrent à une conception d’exposition globale et harmonieuse. Le premier grand projet muséal de Meyvaert fut l’Imperial War Museum de Londres, achevé en 1991. Des vitrines aux formes uniques, un système d’ouverture conçu sur mesure et des dispositifs d’éclairage complexes caractérisèrent les nouvelles First World War Galleries.
Image : Photo de l'Imperial War Museum, à Londres, au Royaume-Uni – tirée d'un ancien catalogue Meyvaert.

Vinrent ensuite des projets pour le Musée de la Grande Guerre à Péronne, en France, l’Ashmolean Museum à Oxford, ainsi que les galeries égyptiennes du Louvre, à Paris. Chacun d’eux contribua à enrichir notre expertise technique et à étendre notre rayonnement international.
Image : Musée Ashmolean à Oxford, au Royaume-Uni.

En 2013, Meyvaert rejoignit le Haerens Group, et notre portefeuille continua de s’étoffer avec des institutions emblématiques telles que le Louvre Abu Dhabi aux Émirats arabes unis, la Maison de l'histoire européenne à Bruxelles, en Belgique, et nos vitrines sans oxygène révolutionnaires au Museum Kaap Skil à Texel, aux Pays-Bas.
Image : Louvre Abu Dhabi.

En 2022, nous sommes revenus sur le lieu où notre toute première vitrine avait vu le jour : la cathédrale Saint-Bavon. Les visiteurs peuvent aujourd’hui y admirer le célèbre chef-d’œuvre de l’Agneau mystique dans une impressionnante vitrine à température contrôlée, conçue, produite et installée par Meyvaert.
Image : © Fred Debrock

Ces projets jalons constituent également les fondations de nouveaux défis. Animées par le désir d’apprendre et de repousser les limites, nos équipes ont donné — et continuent de donner — le meilleur d’elles-mêmes pour l’Art Institute of Chicago, le Smithsonian National Air & Space Museum, le Zayed National Museum et le Natural History Museum à Abu Dhabi, le Hong Kong Museum of History, le Victoria & Albert Museum à Londres, et bien d’autres projets encore.
Image : The Art Institute of Chicago. © Charles G Young, Interactive Design Architects
Exactement 200 ans après l’ouverture de la toute première boutique de verre Meyvaert, notre savoir-faire et notre expertise continuent de grandir. Notre équipe aussi. Non seulement en nombre, mais également en expérience et en professionnalisme.
Vous souhaitez rencontrer notre équipe et collaborer avec nous ? Nous nous réjouissons de travailler à vos côtés pour donner vie à vos idées.